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September 24 Le lais Grenouillot (suite)Pour que Petit Grenouillot devienne gros, Il lui faut avaler de goûteuses fritounes ; C'est alors seulement qu'il peut montrer pattoune Bien dodue et bien verte au valeureux cuistot. Maître Jacques s'exclame à travers son fourneau : " - Jamais de ma vie je n'ai vu si gros clown ! Plonge donc en cuisine, pour servir le saloon, Suprême dans l'assiette en lit de haricots. - Sauf vot'respect, Monsieur, je rejoins mes pénates ; Je hais tous ces légumes, et puis mes dents se gâtent, Je dois voir mon dentiste, lui me doit du Colgate ; Il faut dir'que chez lui je suis un coq en pâte. Sauf vot'respect, Monsieur, je commence un régime ; Foin de pizzaMacDo, et puis mes dents s'abîment Sous le coup des gâteaux qui traversent l'abîme De mon estomac las qui cherche mes genoux." Vite vite, Grenouillot, prends tes jambes à ton cou, Echappe à l'appétit de ces gourmands voyous ! September 18 Grenouillot le retour
Pressé par les foules de requêtes qui s'amoncellent, par les lettres-fleuves qui inondent ma boîte mail, ma boîte vocale, ma boîte à lettres, qui font déborder ma boîte à rythme, ma boîte à chaussures, ma boîte à sucres et ma boîte à dents de lait, je me sens obligé de ressurgir de l'ombre pour faire mon come-back retentissant sur cette scène virtuelle qui est la mienne. Chers lecteurs, chères lectrices, je savais qu'une question vous taraudait tandis que, le visage rivé à mes phrases mirifiques qui vous font tant rêver, vous débouchiez d'un geste autoritaire votre cannette de bière dans un clac cinglant, efficace, avant d'en verser les ressacs glougloutant d'une mousse onctueuse dans votre verre à moutarde Stroumpf. Oui, cette interrogation, il y a bien longtemps qu'elle courait comme une damnée entre vos neurones, se heurtant parfois à l'âpreté osseuse et résonante de votre crâne pensant, ce qui la rendait coîte pour quelques instants seulement, avant qu'elle ne reprenne son envol de plus belle. Bien sûr, vous n'avez d'abord pas osé la formuler tant elle vous paraissait indiscrète, hors de propos, honteuse, si bien qu'elle ne franchissait pas la barriète gutturale et restait mornement tranquille, lovée au fond de votre cerveau. Ei puis un jour, ce fut comme si elle n'y tenait plus, une véritable débandade, l'esprit ne pouvait plus rien contrôler et laissait filer, sans pouvoir la rattraper, l'irrépressible et sournoise question, cette vague intrusive qu'il ne pourrait plus contenir et qui profitait enfin d'une liberté nouvelle et salvatrice. C'est alors que je reçus ce courrier maladroit, malaisé, malhabile - malvenu et mal écrit aussi, il faut bien le dire - auquel je me crus malin de ne point répondre. Bien mal m'en prit ! Aussitôt la déferlante se mua en torrent puissant et, assailli de toutes parts, si cerné que je ne pouvais plus dégaîner les armes qui me sont chères, je me vis contraint de lâcher prise, de renoncer à un combat disproportionné qui laissait augurer une triste issue - c'est que je tiens à ma vie, moi. Me voilà donc devant vous, chers lecteurs, chères lectrices du monde entier, pour assouvir enfin votre curiosité malsaine et maléfique : Grenouillot Barboteux ressemble-t-il au commun des mortels, connaît-il des activités aussi ordinaires que nous, pâles lecteurs, qui consommons invariablement notre croûte de routines miséreuses ? Oui, Messieurs, oui, Mesdames, Grenouillot Barboteux vous ressemble : dans sa vie ordinaire, Grenouillot Barboteux coud des boutons à la sauvette sur les parkas des yétis. Voilà, vous savez tout. Et que je ne vous y reprenne plus ! |
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